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Guide · Société au Maroc

Créer une SARL au Maroc depuis la France : étapes, coûts et délais 2026

Ce qu’un résident français — ou un Marocain du monde — doit savoir avant de créer sa société au Maroc sans se déplacer : forme juridique, formalités, banque, change, fiscalité et budget réel.

Par Kawtar BENSOUDA, expert-comptable et commissaire aux comptes, fondatrice de SYN EXPERT · Mis à jour le 27 octobre 2026

L’essentiel

  • Un résident français peut créer et diriger une SARL marocaine sans résider au Maroc, et sans se déplacer grâce à une procuration.
  • La SARL (ou SARL à associé unique) est la forme adaptée dans la grande majorité des cas : capital libre, responsabilité limitée, gestion simple.
  • Comptez deux à trois semaines entre le certificat négatif et l’immatriculation, et un budget de 1 600 à 2 500 DH de frais officiels, hors honoraires et siège social.
  • Le point à ne pas négliger : réaliser l’apport en devises depuis la France pour conserver le droit de rapatrier dividendes et produit de cession.

Sommaire

  1. Qui peut créer une société au Maroc ?
  2. SARL, SARL AU ou succursale ?
  3. Les huit étapes de la création
  4. Créer sans se déplacer
  5. Banque et contrôle des changes
  6. Combien ça coûte ?
  7. Et après : les obligations de la société
  8. Fiscalité : les repères
  9. Les erreurs à éviter
  10. Questions fréquentes

1. Qui peut créer une société au Maroc ?

Toute personne physique ou morale, marocaine ou étrangère, peut créer une société au Maroc et en être l’associé unique et le gérant. Aucune résidence au Maroc n’est exigée pour détenir ou diriger une SARL. Un résident français — français, franco-marocain ou marocain du monde — se trouve donc dans la même situation qu’un investisseur local pour la création elle-même.

Deux sujets distinguent en revanche le non-résident : le régime de change applicable à son apport (section 5) et la fiscalité des dividendes qu’il percevra en France (section 8). Certaines activités réglementées (transport, santé, professions libérales) imposent par ailleurs des conditions de diplôme ou d’agrément, à vérifier avant le dépôt.

2. SARL, SARL AU ou succursale ?

La SARL est la forme de référence pour une PME au Maroc : deux associés au minimum, capital librement fixé par les statuts, responsabilité limitée aux apports, gérance assurée par une ou plusieurs personnes physiques. La SARL à associé unique (SARL AU) fonctionne de la même façon avec un seul associé, personne physique ou société : c’est la forme la plus utilisée par les entrepreneurs qui créent seuls ou via leur société française.

La succursale d’une société française n’a pas de personnalité juridique propre : plus simple à ouvrir, elle engage directement la société mère et complique la lecture fiscale. Nous la réservons aux cas très spécifiques (contrat local limité dans le temps). La SA reste adaptée aux projets de taille importante avec plusieurs investisseurs.

3. Les huit étapes de la création

  1. Certificat négatif : réservation de la dénomination auprès de l’OMPIC, en ligne ; validité limitée, à ne demander qu’une fois le projet calé.
  2. Siège social : contrat de domiciliation dans un centre d’affaires ou bail commercial ; le siège détermine le tribunal et le service des impôts compétents.
  3. Statuts : rédaction, signature et légalisation des signatures ; pour un non-résident, par procuration (section 4).
  4. Capital : dépôt bancaire obligatoire lorsque le capital dépasse 100 000 DH, avec attestation de blocage ; en dessous, les statuts l’attestent.
  5. Enregistrement des statuts et des actes auprès de l’administration fiscale.
  6. Inscription à la taxe professionnelle et obtention de l’identifiant fiscal (DGI).
  7. Immatriculation au registre du commerce auprès du tribunal de commerce du siège ; l’ICE (identifiant commun de l’entreprise) est attribué dans la foulée.
  8. Affiliation à la CNSS et publicité légale (journal d’annonces légales et Bulletin officiel).

À Casablanca, l’ensemble se traite via le Centre régional d’investissement, qui centralise les dépôts. Délai courant observé : deux à trois semaines à partir du certificat négatif, hors délai bancaire.

4. Créer sans se déplacer

Tout se fait à distance avec une procuration établie en France, signature légalisée puis apostillée (la France et le Maroc appliquent la convention de La Haye), au profit d’un mandataire au Maroc qui signe les statuts et dépose le dossier. Les pièces à préparer : copie du passeport ou de la carte d’identité, justificatif de domicile, procuration, et pour une société française associée, extrait Kbis et statuts.

Le point qui demande le plus d’organisation est l’ouverture du compte bancaire : plusieurs banques marocaines acceptent une ouverture à distance ou via leur réseau en France, où vous signez les documents qui sont ensuite transmis à l’agence marocaine. Nous préparons ce dossier en amont pour éviter l’aller-retour.

5. Banque et contrôle des changes

Le Maroc applique un contrôle des changes. Pour un investisseur résidant à l’étranger, la règle à retenir est simple : un apport réalisé en devises (virement depuis votre compte français, converti en dirhams au Maroc) ouvre droit à la garantie de transfert — rapatriement des dividendes, des intérêts et du produit d’une cession future — sous réserve des formalités de déclaration auprès de l’Office des Changes. Un apport fait en dirhams depuis des fonds locaux ne bénéficie pas de cette garantie.

Concrètement : le capital est viré en devises sur un compte ouvert au nom de la société en formation, la banque établit la formule de cession de devises, et l’investissement est déclaré. Nous constituons ce dossier avec vous, car il conditionne la sortie des fonds pendant toute la vie de la société.

6. Combien ça coûte ?

Trois postes à distinguer.

  • Frais officiels : certificat négatif, enregistrement, immatriculation, publicité légale — de l’ordre de 1 600 à 2 500 DH selon la forme et le capital.
  • Siège social : domiciliation à partir de 300 DH par mois à Casablanca (courrier inclus chez SYN EXPERT), ou loyer d’un local.
  • Honoraires : chez SYN EXPERT, la création de SARL est proposée à partir de 4 990 DH, du certificat négatif à l’immatriculation, CNSS comprise ; le pack non-résident (procuration, apport en devises, dossier bancaire) est chiffré sur devis.

Prévoyez ensuite la comptabilité annuelle et les déclarations de TVA, dont le coût dépend du volume d’activité.

7. Et après : les obligations de la société

Une SARL marocaine, même sans activité, doit tenir une comptabilité, déposer ses déclarations de TVA (mensuelles ou trimestrielles selon le chiffre d’affaires), payer la cotisation minimale d’impôt sur les sociétés même en l’absence de bénéfice, déposer sa liasse fiscale et tenir son assemblée annuelle. Les salariés déclarés à la CNSS entraînent des déclarations mensuelles. La facturation électronique est en cours de généralisation au Maroc, d’abord pour les grandes entreprises puis pour les PME : autant partir dès le départ avec un outil de facturation structuré.

8. Fiscalité : les repères

Côté Maroc, l’impôt sur les sociétés de droit commun converge vers un taux de 20 % pour les PME, la TVA de droit commun est de 20 %, et les dividendes versés à un non-résident supportent une retenue à la source (11,25 % en 2026, 10 % à partir de 2027, sous réserve des évolutions de la loi de finances). Côté France, la convention fiscale franco-marocaine évite la double imposition : les dividendes sont déclarés en France avec un crédit d’impôt pour la retenue marocaine.

Deux points méritent une étude avant de se lancer : la structure de détention (en direct ou via votre société française) et la rémunération du gérant non résident. Nous ne promettons aucune économie d’impôt ; nous structurons correctement l’activité et vous expliquons les conséquences dans chacun des deux pays.

9. Les erreurs à éviter

  • Apporter le capital en dirhams depuis des fonds locaux et perdre la garantie de transfert.
  • Demander le certificat négatif trop tôt et le laisser expirer.
  • Choisir un siège « de complaisance » sans contrat de domiciliation en règle : le dossier est rejeté.
  • Oublier qu’une société sans activité a quand même des déclarations et une cotisation minimale.
  • Négliger la convention fiscale et se retrouver imposé deux fois sur les dividendes.
  • Lancer l’activité avant d’avoir l’ICE et le compte bancaire définitif.

Questions fréquentes


Non. Une SARL ou une SARL AU peut être détenue à 100 % par un ou plusieurs étrangers, personnes physiques ou sociétés, sauf dans quelques secteurs réglementés.

La loi ne fixe pas de minimum. En pratique, un capital cohérent avec l’activité (souvent 10 000 à 100 000 DH) facilite l’ouverture du compte et la crédibilité auprès des clients. Au-delà de 100 000 DH, le dépôt bancaire préalable est obligatoire.

Oui. Le gérant peut résider à l’étranger. Un mandataire au Maroc (domiciliataire, cabinet) assure le relais pour le courrier et les formalités.

Deux à trois semaines après le certificat négatif, si le dossier est complet. L’ouverture du compte bancaire peut allonger le délai : nous la lançons en parallèle.

Oui, via une SARL AU détenue par votre société française. C’est un montage fréquent pour une filiale ; il demande les statuts et un extrait Kbis récents, traduits si nécessaire, et une attention particulière au régime de change et aux refacturations entre les deux sociétés.

Oui : des dispositifs publics (MDM Invest, Charte de l’investissement, programmes sectoriels) peuvent soutenir un projet d’investissement, sous conditions d’éligibilité. Voir notre guide dédié aux Marocains du monde.

Sources et liens utiles

Les taux, seuils et calendriers cités sont ceux connus au 27 octobre 2026 et peuvent évoluer avec la loi de finances ; ils sont vérifiés lors de l’étude de votre projet.

Un projet de société au Maroc ?

Création de SARL à partir de 4 990 DH, siège à Casablanca, dossier bancaire et contrôle des changes : nous faisons le point avec vous, depuis la France.

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